Les discours de politiques économiques et sociales sont faits en grande partie d'affectation, de doléances et de prétentions exagérées. Nul parmi les politiques, tant à droite qu'à gauche, ne fait exception et les promesses sont souvent creuses ou tout au moins osées. Pour leur part, les syndicats extrémistes se peignent en Robin des Bois ou Arsène Lupin, mais ils se comportent comme de vils gangsters, façon Al Capone ou Jules Bonnot.
Voici plus de 60 ans que Joseph Schumpeter avait donné ce diagnostic : Les murs s'effritent, L'hostilité grandit... « Le capitalisme doit soutenir son procès devant des juges qui ont déjà en poche la sentence de mort ».
Il ne faut pas se laisser faire ! Les censeurs et inquisiteurs ne sont autres que des saboteurs et même bien souvent de véritables terroristes. L'approche simpliste qui prétend à la défense n'importe quel emploi menacé est criminelle, car un emploi préservé artificiellement en coûte deux ou dix autres. Les grèves répétées, surtout lorsqu'elles ont générales, font l'effet de poignées de sable jetées dans les rouages d'une mécanique bien huilée : le mouvement se ralentit et les pièces cassent. (Une fois la machine arrêtée, les apprentis sorciers ont beau jeu de se plaindre qu'elle ne rend pas son office...)
Sans doute faut-il argumenter ou débattre, et même le plus souvent négocier. L'évolution ne peut être imposée contre la volonté des acteurs économiques. Mais un certain degré de fermeté est indispensable contre la gabegie, tandis que les compromis sont illusoires avec les terroristes et les anarchistes.
Le meilleur rempart contre la mauvaise foi est encore la transparence et la vaste diffusion de l'information. Il faut répéter que la politique agricole commune coûte plus de 2 euros par vache et par jour - soit un montant supérieur au revenu des 20% de la population mondiale parmi les plus pauvres du tiers monde. Il faut disséquer les subventions aux canards boiteux et souligner que le montant des aides dépasse souvent la masse salariale (comme c'était le cas à la SNCM), ce qui signifie qu'il vaudrait mieux payer les gens à ne rien faire plutôt que maintenir un outil de production périmé. Il faut dénoncer les transferts éhontés aux entreprises publiques (tels les 2,5 milliards d'euros pour les retraites à la SNCF) ainsi que les avantages exorbitants accordés à certaines catégories de personnels (par exemple, 1 % du chiffre d'affaires d'EDF alloué à des « oeuvres sociales » - un pactole de 500 millions d'euros versé au « comité d'entreprise » !).
Surtout, il importe de relever combien les largesses budgétaires pèsent lourdement sur la collectivité. Ainsi que l'écrivait si bien Frédéric Bastiat, « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».