Économie et politique

Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Thierry Breton promet une baisse de la dette à partir de 2007

Publié le jeudi 15 décembre 2005

Voilà une décision courageuse !

C'est promis, je m'y mets aussi : puisque c'est bientôt l'époque des voeux pieux, j'annonce qu'en janvier 2007 je prendrai la résolution de ne plus fumer... (En attendant : auriez-vous du feu ?)

Avec ou sans Doha

Publié le lundi 12 décembre 2005

Il est souhaitable pour (presque) tout le monde que les réunions de Hongkong débouchent sur un accord équilibré ouvrant la voie à une nouvelle vague de libéralisation du commerce international. Ce serait un gage d'amélioration du niveau de vie dans les pays du Nord et de meilleures perspectives d'emploi dans les pays du Sud. Les chances d'un succès sont minces, mais il ne faut pas trop s'en formaliser. Quoi qu'il arrive, sauf catastrophe susceptible de précipiter un effondrement du système de l'OMC, le progrès des échanges internationaux n'est pas prêt de s'arrêter.

Les opposants au cycle de Doha et autres alter-mondialistes sont de pauvres hères, des malheureux luddites qui se trompent de cible. Avec ou sans Doha, la roue continue de tourner, et la planète de se rétrécir. Les négociations commerciales multilatérales ont au moins l'avantage d'offrir un cadre rationnel et réciproque aux processus d'ouverture des marchés, dans lequel chacun doit pouvoir trouver son compte. Dans tous les cas, la pression va persister. Ce qui pouvait être délocalisé dans un pays voisin hier peut l'être aux antipodes aujourd'hui ou demain. De plus, depuis une quinzaine d'années, les délocalisations ne couvrent plus seulement les biens mais aussi les services, y compris certaines fonctions internes des grandes entreprises.

Les progrès en matière de transport et de télécommunications sont tels que le marché planétaire devient peu à peu un mouchoir de poche. Depuis 1930, le coût du transport maritime a diminué des trois quarts tandis que le coût du transport aérien a chuté des quatre cinquièmes. Dans le même temps, le prix d'une communication téléphonique entre Londres et New York a été divisé par 5000 - un facteur qui tend vers l'infini avec l'avènement de la téléphonie sur internet !

Le progrès offre des possibilités illimitées d'amélioration du niveau de vie et permet aux pays pauvres d'émerger. Les économies avancées doivent s'adapter et se réorienter pour faire face à la concurrence accrue, et c'est là un processus où tout le monde peut être gagnant (quiconque nie cette assertion n'a rien compris au principe de l'avantage comparatif).

Dans l'idéal, le progrès devrait s'accompagner d'une plus grande ouverture et de réformes structurelles, mais même sans approche volontariste l'évolution va se poursuivre - à nos dépens, le cas échéant.

Contre-attaquer !

Publié le samedi 10 décembre 2005

Les discours de politiques économiques et sociales sont faits en grande partie d'affectation, de doléances et de prétentions exagérées. Nul parmi les politiques, tant à droite qu'à gauche, ne fait exception et les promesses sont souvent creuses ou tout au moins osées. Pour leur part, les syndicats extrémistes se peignent en Robin des Bois ou Arsène Lupin, mais ils se comportent comme de vils gangsters, façon Al Capone ou Jules Bonnot.

Voici plus de 60 ans que Joseph Schumpeter avait donné ce diagnostic : Les murs s'effritent, L'hostilité grandit... « Le capitalisme doit soutenir son procès devant des juges qui ont déjà en poche la sentence de mort ».

Il ne faut pas se laisser faire ! Les censeurs et inquisiteurs ne sont autres que des saboteurs et même bien souvent de véritables terroristes. L'approche simpliste qui prétend à la défense n'importe quel emploi menacé est criminelle, car un emploi préservé artificiellement en coûte deux ou dix autres. Les grèves répétées, surtout lorsqu'elles ont générales, font l'effet de poignées de sable jetées dans les rouages d'une mécanique bien huilée : le mouvement se ralentit et les pièces cassent. (Une fois la machine arrêtée, les apprentis sorciers ont beau jeu de se plaindre qu'elle ne rend pas son office...)

Sans doute faut-il argumenter ou débattre, et même le plus souvent négocier. L'évolution ne peut être imposée contre la volonté des acteurs économiques. Mais un certain degré de fermeté est indispensable contre la gabegie, tandis que les compromis sont illusoires avec les terroristes et les anarchistes.

Le meilleur rempart contre la mauvaise foi est encore la transparence et la vaste diffusion de l'information. Il faut répéter que la politique agricole commune coûte plus de 2 euros par vache et par jour - soit un montant supérieur au revenu des 20% de la population mondiale parmi les plus pauvres du tiers monde. Il faut disséquer les subventions aux canards boiteux et souligner que le montant des aides dépasse souvent la masse salariale (comme c'était le cas à la SNCM), ce qui signifie qu'il vaudrait mieux payer les gens à ne rien faire plutôt que maintenir un outil de production périmé. Il faut dénoncer les transferts éhontés aux entreprises publiques (tels les 2,5 milliards d'euros pour les retraites à la SNCF) ainsi que les avantages exorbitants accordés à certaines catégories de personnels (par exemple, 1 % du chiffre d'affaires d'EDF alloué à des « oeuvres sociales » - un pactole de 500 millions d'euros versé au « comité d'entreprise » !).

Surtout, il importe de relever combien les largesses budgétaires pèsent lourdement sur la collectivité. Ainsi que l'écrivait si bien Frédéric Bastiat, « L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».

Où l'extrémisme fait loi

Publié le mardi 6 décembre 2005

Une candidate, récidiviste, vient de s'annoncer pour la présidentielle de 2007. D'autres suivront prochainement, même si l'un des vétérans du 21 avril 2002 a quant à lui déclaré forfait. Les évènements politiques se suivent et ne se ressemblent pas toujours, mais le paysage en France tend à garder un même caractère. En particulier, l'électorat français reste très morcelé et les extrêmes emportent environ la moitié des suffrages.

La France se distingue singulièrement en la matière : parmi les pays avancés, aucun n'a un électorat aussi divisé et nulle autre classe politique ne comporte autant de partis marginaux. Dans le monde évolué, depuis 1989, seule la France continue à avoir une vaste frange de sympathisants marxistes - entre 20 et 35 %, selon l'image qu'on se fait du parti « socialiste ».

En somme, un Français sur deux habite une planète totalement étrangère à celle de l'autre. Selon les Martiens, rien ne change réellement : pour les uns, la chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique sont probablement des inventions hollywoodiennes; pour les autres, la disparition de Franco paraît un mythe tandis que l'holocauste serait un détail de l'histoire !

La question est du ressort de la sociologie politique, voire de la pathologie intellectuelle. Comment est-il possible que tant de Français restent ainsi coupés des réalités du XXIe siècle ?

Quels que soient les éléments de réponse, la frange extrémiste risque de poursuivre son travail de sape et de mettre en échec tout projet de réforme. Promouvoir la « rupture » ne peut donc se concevoir sans neutraliser au préalable les Martiens qui nous entourent.

La dette publique, image de la légitimité

Publié le lundi 5 décembre 2005

Légitimité... ou illégitimité, faudrait-il dire ? La dette publique (66 % du PIB ou plus de 120 % du PIB, selon la définition) fait les titres de la presse en France. On s'étonne, on se lamente, on se félicite aussi que le Ministre des finances prenne les devants pour souligner l'ampleur du défi. Mais le sujet est usé et il est difficile de le prendre très au sérieux. A quoi bon ?

Au-delà de l'aspect proprement financier, le niveau de la dette publique est un indicateur de la santé politique. Sauf cas particulier, le recours à l'endettement est l'expression d'une incapacité à traiter les problèmes économiques et sociaux. C'est une fuite en avant - une façon de dire qu'il est impossible de faire face aux besoins du moment avec les ressources du moment et donc de reporter au lendemain ou au surlendemain le solde des comptes. L'État ne peut résister à la dépense ni relever les recettes : il signe un « bon pour ».

L'auto examen étant par nature difficile, voire désagréable, il est utile de considérer la situation des autres pays. Seuls six pays avancés ont une dette nette supérieure à celle de la France (données OCDE) : l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, le Japon, le Portugal et les États-Unis. L'Allemagne et le Japon sont des cas à part depuis 1990 : le premier continue à payer avec difficulté la réunification et le second ne s'est pas encore remis de l'éclatement de la bulle financière. Les quatre autres (comme la France) sont des pays malades de leur système politique - et seule la Belgique semble en voie d'un véritable redressement.

L'illégitimité se caractérise par un électorat divisé et une forte pression sur la dépense. Encore les États-Unis ont-ils le prétexte d'être en guerre et continuent-ils à faire preuve d'un fort dynamisme économique, qui se traduit par une croissance soutenue et pourrait offrir une issue graduelle au surendettement. La France, comme l'Italie et le Portugal, n'en est pas là. Au contraire, la dette y apparaît de plus en plus comme un boulet qui empêche tout mouvement de reprise de la croissance.

C'est dire qu'il est impossible de s'attaquer au problème de la dette publique en tant que tel. L'accroissement quasi continu de la dette depuis 35 ans est le symptôme d'un profond mal politique : l'incapacité à se mettre d'accord sur une direction pour le pays, à réconcilier des intérêts divergents, à choisir de véritables priorités. Le défi que présente la « rupture » est précisément de changer cela.

Promesses africaines

Publié le samedi 3 décembre 2005

Nouveau sommet France-Afrique, nouvelles promesses françaises d'accroissement de l'aide au développement... Jacques Chirac semble sérieux cette fois-ci, après l'avancée en Conseil des ministres du projet de taxe de solidarité sur les billets d'avion, mais le courant ne passe plus vraiment avec Bamako, Dakar ou Libreville (« Retrouvailles difficiles entre Chirac et ses pairs », titre Le Figaro).

Les promesses seront-elles tenues, même si elles sont faites de bonne foi ? Depuis de nombreuses années, les relations entre Paris et les capitales africaines ont perdu de leur lustre et rares sont ceux au quai d'Orsay (et à l'ancienne adresse, rue Monsieur) qui se bercent encore d'illusions sur l'impact de l'aide au « développement ». L'aide sert au plus d'appui à un processus autochtone, qui fait le plus souvent défaut en Afrique, singulièrement dans les pays francophones. Au plus reste-elle pour le gouvernement français un instrument dans la panoplie des relations internationales, mais même là les enjeux ne sont plus ce qu'ils étaient.

Le développement économique repose avant tout sur l'élargissement des capacités de production et l'insertion dans le commerce international. En la matière, la situation en Afrique est allée de mal en pis depuis une trentaine d'année. La part de l'Afrique subsaharienne (48 états) dans PIB mondial a diminué de moitié et ne représentait plus que 1 % du total au début des années 2000. Avec environ 11 % de la population mondiale, l'Afrique subsaharienne a ainsi un revenu moyen de moins de 10 % de la moyenne mondiale, contre 22 % en 1970 !

Renverser la tendance exigerait bien plus qu'une aide financière accrue. En attendant une véritable renaissance africaine, l'envoi de fonds à des dictateurs corrompus ou seulement incompétents ne permet pas même de préserver le niveau de vie des populations. A quoi bon dans ces conditions faire de nouvelles promesses ?

BCE : C'est fait !

Publié le jeudi 1 décembre 2005

Comme prévu, la Banque centrale européenne a relevé son taux directeur de 2 à 2,25 %, pour la première fois depuis cinq ans. Beaucoup d'esprits chagrins déploraient à l'avance ce léger resserrement de la politique monétaire, mais les vociférations n'ont eu d'autre effet que de rendre la décision inévitable. Jean-Claude Trichet devait se montrer insensible aux cris des sirènes et poursuivre le mandat qui est le sien.

Le choix n'était pas a priori univoque. Comme le soulignait Martin Wolf voici quelques jours dans le Financial Times, les conservateurs et les critiques avaient chacun de bons arguments. (Pour sa part, Martin Wolf penchait plutôt vers les critiques.) Dans le doute, cependant, la BCE devait errer dans le sens de la prudence - et contrer toute résurgence de tensions inflationnistes - plutôt que paraître céder aux pressions activistes. La crédibilité de l'autorité monétaire était en jeu.

Le signal reste faible, comme il se doit. Alors que l'inflation globale dans la zone euro est légèrement à la hausse, l'accroissement de l'indice hors énergie semble se ralentir. Le taux de croissance de la monnaie et du crédit est de l'ordre de 8 à 9 %, mais sans accélération en cours. Même si l'euro a perdu du terrain par rapport au dollar, il n'y a pas feu en demeure ! Les indicateurs d'activité enregistrent une faible reprise qui, selon certains, pourraient être tuée dans l'oeuf par le relèvement du taux d'intérêt; cependant, l'impact de ce quart de point devrait rester marginal.

Gérer une banque centrale est plus un art qu'une science. Tout repose sur la communication et le choix du moment étant donné que l'effet d'un ajustement du taux d'intérêt passe en bonne partie par ses conséquences sur l'état des anticipations. De ce point de vue, la BCE de Jean-Claude Trichet a plutôt bien passé ses examens. Reste à voir comment le taux de change et les prix vont évoluer dans les semaines et les mois qui viennent. A défaut d'une amélioration des conditions d'ensemble (prix, changes et agrégats monétaires), la BCE pourrait être amenée à poursuivre un relèvement graduel de son taux directeur.

2 000 milliards d'euros - Pas de polémique !

Publié le mercredi 30 novembre 2005

L'annonce faite lundi par le Ministre de finances que la dette publique se montait à 2 000 milliards d'euros environ, et non pas 1 200 milliards comme indiqué auparavant, n'a pas lieu de susciter tant de réactions. C'est affaire de définition.

Comme le disait Sempé, rien n'est simple et tout se complique ! Presque toutes les questions économiques ou financières appellent des réponses qualifiées, selon l'acception des concepts et selon l'objet recherché. Evidemment, la multiplicité des interprétations possibles tend à engendrer la confusion.

La dette directe de l'État est la seule susceptible d'une mesure simple. Elle est indiquée sur le site de l'Agence France-Trésor et se montait à 865 892 820 490 euros à fin octobre 2005. La dette des administrations publiques correspond au chiffre le plus souvent cité car c'est la définition du Traité de Maastricht. Outre la dette directe de l'administration centrale, elle comprend la dette des administrations locales et des organismes de sécurité sociale. C'est le montant prévu à 1 167 milliards d'euros à fin 2005 (66 % du PIB). A cela, il faut ajouter la dette garantie et les engagements « hors bilan », notamment les retraites des agents de l'État, des hôpitaux et des collectivités territoriales ainsi que le déficit prévisible (ou actuariel) des organismes de sécurité sociale. Tous comptes faits, la dette de l'État dans son acception la plus large pourrait bien dépasser largement les 2 000 milliards d'euros (120 % du PIB). Comme l'indique Les Échos, « l'évaluation de la dette implicite varie du simple au double, selon que l'on a une conception plus ou moins extensive : la mission Pébereau la chiffre à 75 % du PIB, le Conseil d'orientation des retraites à 100 points de PIB (après réforme des retraites), le rapport Camdessus (septembre 2004)... à 200 % du PIB. »

Pour être complexe et sujet à caution, l'exercice de prospective sur le poids futur des pensions n'est pas pour autant inutile. Il permet de souligner l'ampleur des réajustements nécessaires pour que la collectivité cesse de vivre au-dessus de ses moyens. Cependant, la conclusion tirée dans le rapport Pébereau - selon lequel l'État devrait provisionner les charges futures - n'est pas tenable. Certes, la dette directe devra être réglée sur les ressources de l'État, c'est-à-dire par l'impôt, mais le déséquilibre majeur des systèmes de pension devra être quant à lui, pour l'essentiel, être résorbé par la diminution du nombre des ayants droit (relèvement de l'âge de la retraite) et l'augmentation du nombre des cotisants.

La France, pays anémique...

Publié le mardi 29 novembre 2005

"The Economist" publiait voici quelques jours une étude bien documentée et bien pensée. Elle débutait par ces mots : « Quels que soient ses attraits, (ce pays) enregistre un long et lent déclin. Renverser la tendance exigerait plus de courage que les chefs politiques n'en semblent capables, écrit John Peet. »

Lire la suite

Faut-il oublier Doha ?

Publié le lundi 28 novembre 2005

A l'approche des réunions de Hongkong, de nombreux articles et tribunes sont publiés chaque jour dans la presse. Plusieurs parmi les principaux acteurs de la négociation ont annoncé un échec désolant, tandis que d'autres affichent leur indifférence ou, mieux, leur réjouissance face à la perspective d'un non-accord.

Le processus de Doha est important. La poursuite de la libéralisation du commerce mondial et son extension graduelle à l'agriculture et aux services - dans le cadre d'un système multilatéral soumis à des principes et règles communément admis - est une voie sûre pour relever la croissance économique et, en particulier, aider les pays pauvres à sortir du sous-développement. Mais un mauvais accord, ou même un bon accord arraché sous la pression, ne servirait pas son objet. Le commerce mondial a déjà été largement libéralisé pour ce qui est de l'industrie et les effets bénéfiques de l'extension des franchises sont souvent surestimés. Les pauvres ne sortiront pas de leur ornière d'un coup de baguette magique ! De plus, il est douteux que les pays du Sud aient intérêt à se spécialiser plus avant dans les produits primaires et leur capacité à concurrencer le Nord dans les services reste limitée. En réalité, les premiers et sans doute principaux bénéficiaires d'une libéralisation de l'agriculture seraient les consommateurs des pays développés.

En somme, il faut rester patient tout en continuant à déplorer l'aveuglement et le repli sur soi - notamment en France - qui font obstacle au progrès.

Doha n'est pas le bout du monde, Hongkong non plus - ce n'est pas le Pérou !

Taxes et attrapes sur les billets d'avion

Publié le mercredi 23 novembre 2005

Adoptée aujourd'hui par le Conseil des ministres, la « taxe de solidarité » sur les billets d'avion devrait entrer en vigueur le 1er juillet 2006. Le gouvernement prévoit ainsi de recouvrer 210 millions d'euros par an afin de contribuer au financement de l'aide au développement.

La taxe de solidarité a l'odeur nauséabonde de la « vignette » automobile introduite au début des années 60, prétendument pour financer la retraite des vieux ! Avec plus de 51% du PIB de prélèvements obligatoires (définition de l'OCDE) en 2005, la France se range parmi les pays les plus lourdement taxés, derrière les pays nordiques, sans pour autant que les ressources correspondent aux besoins. Côté dépense, le système de transferts sociaux est en faillite virtuelle, l'éducation manque de moyens et les armées sont sous-équipées. Introduire une nouvelle taxe, serait-ce pour un objectif louable, procède d'une nouvelle fuite en avant dans laquelle le gouvernement pourrait bien un jour se casser le nez.

Les arguments présentés sont ingénus et sans fondements. La multiplication des impôts et taxes crée des déperditions et nuit au bon fonctionnement de l'appareil fiscal. Le renchérissement (même modeste) des billets d'avion se traduit inévitablement par l'affaiblissement de la compétitivité - puisque la plupart de nos partenaires sont hostiles à une telle mesure - et pèse sur le secteur des transports aériens. L'augmentation de l'aide au développement demeure hypothétique (au demeurant, encore faudrait-il s'assurer que l'aide au tiers monde remplit effectivement son objet, ce qui est loin d'être évident).

L'initiative est bien mal venue. Elle démontre que les leçons élémentaires n'ont toujours pas été apprises ou comprises. Plus ça change...

Les Français n'imitent personne et personne ne les imite !

Publié le mercredi 23 novembre 2005

Quel que soit le sujet de discussion, il est commode d'identifier LA cause d'un phénomène, LE noeud du problème. En ce qui concerne le mal français, la cause en est bien simple...

Lire la suite

Le scandale, c'est l'incurie !

Publié le mardi 22 novembre 2005

Les Français sont à nouveau pris en otage... La sixième grève cette année à la SNCF serait suivie par 20 à 30% seulement des effectifs (selon la direction ou la CGT), mais le trafic était très perturbé mardi sur la quasi-totalité du réseau ferroviaire en la France.

C'est un scandale, souligne Alain Lambert, mais ce qui est véritablement inadmissible c'est de tolérer le hold-up permanent. Cette responsabilité incombe d'abord à la classe politique. L'exécution a beau être perpétrée par des syndicats irresponsables, la sentence - ou tout au moins la licence - en est donnée par le gouvernement et l'assemblée nationale.

Les grèves ont l'appui d'une bonne partie des Français, y compris parmi ceux qui sont incommodés par la suspension intempestive des services publics. Après tout, ces braves cheminots ne font que défendre leur bout de gras ! Pourquoi devraient-ils se priver du beurre sur les épinards ? Préserver des avantages conquis à l'époque de la machine à vapeur sans se préoccuper des conséquences n'est sans doute pas très civique, mais nul ne peut prétendre que le civisme est une obligation légale.

Les usagers français sont les otages d'un État ayant abdiqué ses responsabilités. Le droit de grève dans les services publics ou les secteurs stratégiques (comme la distribution de l'énergie) doit être sujet à de strictes limitations ou même interdit purement et simplement. C'est à la loi d'imposer et au gouvernement de faire respecter ces limites. Malheureusement, lorsque Dominique Perben, ministre des transports, déplore une grève « en bonne partie inutile » compte tenu de l'engagement donné de ne pas privatiser la SNCF, il ne fait que donner un gage supplémentaire de la veulerie et de l'impuissance du gouvernement.

Il faudra pourtant bien commencer par là. Tout programme de réforme sérieux - et a fortiori toute « rupture » - implique de s'attaquer aux excès, anomalies et autres avantages acquis du système. Aussi longtemps que l'État tolère le hold-up permanent et la gabegie de fonds publics, il laisse de fait entrouverts les coffres-forts du budget...

La BCE annonce un relèvement de son taux directeur

Publié le lundi 21 novembre 2005

Jean-Claude Trichet communique : on l'écoute ! Après l'annonce, vendredi dernier, que le Conseil de la Banque centrale européenne était prêt à prendre une décision sur son taux d'intérêt directeur, les marchés financiers ont réagi vivement en poussant les taux longs à la hausse tandis que l'euro repassait au-dessus de la barre de 1,17 par dollar.

La croissance en Europe semble être entrée en convalescence, mais l'envolée des prix de l'énergie et la dépréciation de l'euro face au dollar risquent de raviver les anticipations inflationnistes. L'inflation dans la zone euro a déjà commencé un mouvement à la hausse (le taux annuel est passé ces derniers mois de 2 à 2,5%), mais ce n'est pas le point essentiel. En matière de gestion d'une banque centrale, la question est avant tout de contrôler les anticipations et d'étouffer toute velléité de prise en compte dès maintenant de futures hausses de prix. Ainsi, l'effet d'annonce pourrait même suffire pour infléchir la tendance !

Il y a de fortes chances pour que la BCE passe rapidement à l'acte, ne serait-ce que pour un quart de point. Après les mises en garde du groupe des ministres des finances et, dernièrement, du nouveau ministre allemand, la BCE risquerait en cas d'inaction de paraître impuissante et de voir son capital de crédibilité s'effriter. Le jour venu, nul ne devrait trouver paradoxal que les mises en garde incongrues aient précisément un effet inverse à celui désiré...

Les réformes ne peuvent plus attendre

Publié le dimanche 20 novembre 2005

Versac signalait voici quelques jour une tribune publiée dans Le Monde du 16 novembre par Charles Wyplosz, professeur d'économie à l'Institut des hautes études internationales de Genève.

L'article mérite quelques échos, notamment parce qu'il relie les questions économiques aux aspects politiques. L'accent mis sur le problème du chômage est bien naturel et les solutions préconisées sont conventionnelles (par exemple, « fluidifier » le marché du travail). Wyplosz paraît optimiste, mais il est surtout provocateur. « Enfin, la France débat de ses problèmes économiques. Croissance étriquée, chômage scotché au plafond, sujet de dérision dans les capitales européennes, tout va mal mais, pour la première fois depuis longtemps, tous les espoirs sont permis. »

Le parti socialiste serait près de la déroute tandis que Villepin et Sarkozy s'affrontent sur le terrain de l'inévitabilité des réformes. La configuration est sans doute encourageante, mais les tests passés ces derniers mois sont encore loin d'être concluants. A témoin, la crispation quasi unanime sur les réformes envisagées de la politique agricole commune.

En réalité, le débat sur l'alternative entre la nécessité de la « rupture » et l'approche gradualiste a à peine commencé. Il est trop tôt pour prévenir tous les perdants des réformes, les défenseurs des avantages acquis, à quelle sauce ils devront être mangés.

Wyplosz a raison : « cette fois, les réformes ne peuvent plus attendre ». Néanmoins, elles risquent de prendre encore quelques temps.

Le graphique qui dérange...

Publié le samedi 19 novembre 2005

Source : OCDE, portal statistique (Comptes nationaux annuels des pays membres de l'OCDE de 1970 à 2004). Calculs sur la base du produit intérieur brut par tête à la parité des pouvoirs d'achat (PPA), aux prix courants. La moyenne de l'OCDE exclut la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et la République Tchèque.

Le PIB par tête en France en 2004 s'établit à 29 554 $, contre 28 478 $ pour la moyenne de l'OCDE et 25 696 $ pour l'Europe des 15 (soit 103,8% et 102,9% respectivement). La France se place au 17e rang des pays membres de l'OCDE (16e rang en 2003; elle était vers le 10e-12e rang jusqu'au début des années 80). Les pays plus riches que la France sont, par ordre de revenu décroissant : Luxembourg, États-Unis, Norvège, Irlande, Suisse, Islande, Autriche, Danemark, Royaume Uni, Canada, Australie, Pays Bas, Belgique, Finlande, Suède et Japon.

Faut-il croire les statistiques ?

Publié le vendredi 18 novembre 2005

La croissance économique remonte...

Lire la suite